
Qu’est-ce qu’un camée ? Définition, matières, histoire
Un camée est un motif sculpté en relief dans une pierre, un coquillage ou une autre matière. Le plus souvent, cette matière a deux couches de couleurs : le motif, clair, se détache sur un fond plus sombre. C’est le contraire de l’intaille, qui est gravée en creux.
Vous en avez sûrement un en tête : un profil de femme, blanc sur fond orangé, épinglé au revers d’une veste. On le reconnaît au premier coup d’œil. On sait moins souvent de quoi il est fait, d’où il vient, et comment le porter aujourd’hui.
Camée ou intaille : quelle différence ?
La Grande Encyclopédie Larousse les sépare en une phrase : « Les gemmes sont appelées intailles lorsqu’elles sont gravées en creux, camées lorsqu’elles sont sculptées en relief. » Le geste est donc inverse. Pour un camée, on enlève la matière autour du motif. Pour une intaille, c’est le motif lui-même que l’on creuse.
L’intaille avait un usage : elle servait de sceau. Le camée, lui, est fait pour être porté et regardé. Le critique anglais John Ruskin y voyait une sculpture en miniature, et non une gravure.
Regardez la bague Camée Louvre de face. Le profil, blanc crème, ressort sur un fond orangé : une chevelure bouclée ornée de fleurs, une épaule drapée. Deux couleurs, un relief : tout le camée est là.

Ce profil a même donné une expression. Avoir « un profil de camée », selon l’Académie française, c’est avoir un profil « finement dessiné et d’une régularité classique ».
En quoi est fait un camée ?
Il n’y a pas une matière à camée, mais plusieurs. Chacune donne un bijou différent.
| La matière | Ce que l’on voit | À savoir |
|---|---|---|
| Pierre dure : agate, onyx, sardonyx | Des bandes blanches et noires (onyx) ou blanches et brunes (sardonyx) : le motif dans une couche, le fond dans l’autre | La matière des premiers camées, plus longue à tailler que le coquillage |
| Coquillage | Un motif blanc sur un fond orangé ou brun foncé | Sans doute la matière la plus courante aujourd’hui |
| Corail, lave, jais | Une seule couleur : c’est le relief seul qui dessine le motif | En vogue au XIXe siècle |
| Verre | Il imite la pierre dure | Pressé dans un moule depuis la Rome antique |
| Céramique | Un relief blanc posé sur un fond bleu | La manufacture anglaise Wedgwood en fabrique à la fin du XVIIIe siècle, à l’imitation du camée sculpté |
Pourquoi tant de camées sur coquillage ? Parce que le coquillage se sculpte bien plus facilement qu’une pierre, et qu’il coûte moins cher, note le Victoria and Albert Museum de Londres. Le GIA, l’institut américain de gemmologie, cite deux coquillages de la famille des casques. L’un donne un fond qui va du très clair au brun orangé. L’autre, plus épais, un fond brun foncé.
Tous les camées ne sont donc pas orangés. Ce bracelet vintage à douze camées le montre : de petits camées sur coquillage au fond brun très sombre, chacun cerclé d’un doré mat, entre deux chaînettes de petites perles blanches.

D’où vient le camée ?
De loin. Vers le Ve siècle avant notre ère, les Grecs gravent les premières pierres en relief, puis en font un art, écrit le Metropolitan Museum de New York. À Rome, on porte un camée pour montrer son goût et sa fortune.
Le plus grand camée que l’Antiquité nous ait laissé est à Paris. Le Grand Camée de France, conservé à la Bibliothèque nationale de France, est une sardonyx de 31 cm de haut, gravée de vingt-quatre figures au Ier siècle de notre ère. Il vient du trésor de la Sainte-Chapelle : au Moyen Âge, les camées antiques étaient gardés dans les églises et les monastères.
La Renaissance en fait une passion de collectionneur. À la mort de Laurent de Médicis, en 1492, l’inventaire de ses collections estime ses plus beaux camées plusieurs fois plus cher que ses meilleurs Botticelli. C’est aussi l’époque où l’on commence à sculpter le coquillage.
En 1804, la couronne exécutée pour le sacre de Napoléon porte quarante camées : elle est au Louvre, aile Richelieu. Le XIXe siècle rend ensuite le camée populaire. Le coquillage permet d’en produire beaucoup, et la reine Victoria les adore. À Torre del Greco, au pied du Vésuve, une première fabrique de corail est autorisée en 1805 ; le camée sur coquillage s’y ajoute ensuite. La ville est toujours connue pour ces deux savoir-faire.
Comment porter un camée aujourd’hui ?
Avec ce que vous avez de plus simple. Un camée est un bijou de caractère : une chemise blanche, un pull fin ou un jean lui laissent toute la place.
« Inspiré d’une de mes visites au Louvre, ce bijou est une petite œuvre à lui seul. Portez-le à même la peau avec un look jeans-basket décontracté. »
Alice, fondatrice de My Little Vendôme
Elle parle du bracelet Camée Louvre (405 €) : un médaillon à camée, entouré de petites perles blanches et de billes rouges, sur plusieurs rangs de chaînes dorées. La bague Camée Louvre (205 €) s’ajuste au doigt. On l’aime seule sur la main : c’est elle que l’on regarde. Les boucles d’oreilles Camée Louvre (222 €) se terminent par une perle nacrée : relevez vos cheveux pour les dégager.

Ces trois bijoux sont des créations d’aujourd’hui, pas des pièces anciennes. Leur camée est sur coquillage. Leur monture est en Or Vénitien, la patine signature de My Little Vendôme : un doré chaud, né de l’alliance de l’or et du cuivre, appliqué à la main sur une base en laiton sans nickel. Ils se portent seuls ou ensemble, et existent réunis dans le coffret Camée Louvre, à deux ou trois bijoux (de 415 € à 770 €).
Et pour celles qui aiment le vintage : nos bijoux à camée, créations de la maison et pièces vintage, sont réunis dans la collection Bijoux Camée.
Questions fréquentes
Dit-on un camée ou une camée ?
Un camée. Le mot est masculin, comme musée ou lycée, rappelle le Larousse.
Un camée est-il toujours en coquillage ?
Non. Les premiers camées sont en pierre dure : agate, onyx, sardonyx. Le coquillage n’est sculpté que depuis la Renaissance ; c’est sans doute la matière la plus courante aujourd’hui, selon l’association australienne de gemmologie.
Que représente un camée ?
Un profil de femme, le plus connu. Mais aussi des souverains, des figures religieuses, des dieux et des déesses, indique le GIA.
Comment nettoyer un camée ?
Jamais dans un bain à ultrasons : le GIA le déconseille pour les camées sur coquillage, une matière poreuse. Pour nos bijoux en Or Vénitien, un chiffon doux et sec suffit. Retirez-les avant la douche, le bain, la piscine, la mer, le sport et avant de dormir.
Sources
- Larousse, Grande Encyclopédie, glyptique, 1971-1976.
- Larousse, dictionnaire de français, camée, consulté le 3 octobre 2026.
- Académie française, Dictionnaire, 9e édition, camée, consulté le 3 octobre 2026.
- The Metropolitan Museum of Art, James David Draper, Cameo Appearances, août 2008.
- GIA, Sharon Bohannon, Cameos: Timeless, Miniature Carvings for Jewelry Lovers, 23 juin 2017.
- GIA, Fred L. Gray, Engraved Gems: A Historical Perspective, revue Gems & Gemology, vol. 19, n° 4, 1983.
- GIA, Gems and Ultrasonic Cleaners, 10 avril 2015.
- Gemmological Association of Australia, Katherine Kovacs, Cameo Appearance, 18 mars 2020.
- Victoria and Albert Museum, Adam and Eve, camée sur coquillage, vers 1580, consulté le 3 octobre 2026.
- Victoria and Albert Museum, Cameo, Josiah Wedgwood and Sons, vers 1780-1800, consulté le 3 octobre 2026.
- British Museum, Rediscovering gems, guide de l’exposition du 15 février au 2 juin 2024.
- Encyclopædia Britannica, Onyx et Torre del Greco, consultés le 3 octobre 2026.
- Bibliothèque nationale de France, Les Essentiels, Grand camée de France, consulté le 3 octobre 2026.
- Musée du Louvre, Couronne dite « couronne de Charlemagne », 1804, consulté le 3 octobre 2026.
- Ente Parco Nazionale del Vesuvio, Lavorazione artistica del Corallo e del Cammeo nel vesuviano, 8 avril 2020.
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